
Michel de Nostre-Dame, dit Nostradamus, est le devin astrologue le plus connu au monde. Ses Centuries Astrologiques sont encore aujourd'hui considérées comme un best-seller.
Né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence, Michel de Nostre-Dame comptait au nombre de ses aïeuls, d'origine juive, de nombreux médecins. Parmi eux, celui du roi René, dont l'influence et le souvenir ont été déterminants pour sa personnalité. À seize ans, il connaissait latin, grec, hébreu, principes d'astronomie et pratiques de médecine héritées en partie de son bisaïeul. Ce qui lui valut à l'âge de 17 ans d'être diplômé de l'université d'Avignon, puis de la très fameuse université de Montpellier. À trente ans, il devient le médecin illustre connu sous le nom de Nostradamus. Les villes de Bordeaux, Agen, Aix-en-Provence l'ont accueilli afin qu'il soigne les malades atteints de la peste noire.
Le prophète de Salon-de-Provence
En 1547, Nostradamus est las des drames familiaux et privés, et de la vie aventureuse qu'il mène pendant plus de dix ans en Allemagne et en Italie. Il décide de se consacrer, dans son petit observatoire de Salon-de-Provence, à l'étude des astres. C'est certainement lors de ses voyages à l'étranger qu'il raconte des maîtres tels que Paracelse et Agrippa. Et c'est à Savone, en Italie, qu'il a l'une de ses plus grandes intuitions : en pleine rue, un jour, il s'agenouille devant un jeune moine. Celui-ci devait devenir plus tard le pape Sixte Quint !
Les Centuries Astrologiques
Nostradamus écrit un jour à Henry II, dont il est devenu le médecin et l'astrologue, qu'il commence le 15 mars 1557 à rédiger ses prophéties. Elles courront, selon lui, jusqu'à l'avènement du monde, c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps, qu'il situe en l'an 3797. Mais ces prophéties restent mystérieuses, et leur interprétation est sujette à de fortes suspicions tant on peut leur faire dire ce qu'on a bien envie d'y lire.
Écrites en quatrains poétiques, elles renferment cependant de réelles divinations obtenues par l'astrologie mais aussi par des procédés de magie. En 1556, Catherine de Médicis fait accéder le devin à la célébrité en le mandant à Paris suite à l'issue fatale qu'il entrevoyait pour Henry II, blessé dans un tournoi. Tout s'est passé comme il l'avait prédit.
Le médecin de Charles IX
En 1564, le second fils de Catherine de Médicis, Charles IX, rend visite à Nostradamus chez lui, à Salon. Il vient consulter le médecin, et c'est à ce titre que le devin est promu conseiller du roi de France. La population le vénère comme un saint, et après sa mort en 1566, son tombeau devient un lieu de pèlerinage où se rendront les rois Louis XIII et Louis XIV. On prétend aussi que son cercueil fut ouvert et profané pendant la Révolution et que son corps portait une plaque avec inscrites la date de la violation de sa tombe et quelques malédictions à l'intention du violeur. Celui-ci serait mort dès le lendemain de son crime.
L'âge d'or de l'astrologie
L'historien de l'astrologie situe cette époque entre 1450 et 1650. Nostradamus illustre bien cette période pendant laquelle les philosophes eux-mêmes appuyaient le bien-fondé de l'art et de la tradition astrologiques. On parle alors de l'âme du monde, que l'on peut capter par les astres, et de leurs messages. On évoque aussi les esprits des étoiles. Les astronomes sont aussi des astrologues, et rien ne sépare ces sciences. Les premières éphémérides sont écrites et calculées à cette époque (1474) ainsi qu'une méthode de calcul des Maisons astrologiques.
Notons pour finir que l'astrologie influençait aussi tous les grands domaines de la pensée artistique, picturale et littéraire du moment. Des peintres tels que Botticelli et Jérôme Bosch s'inspirent en grande partie de l'ésotérisme renaissant.
Source : collection par fascicules "Astrologie", éds. Atlas, 1994